Pourquoi thermolaquer un radiateur en fonte ?

Le thermolaquage se classe parmi les méthodes les plus durables

Autrefois réservé aux industriels et aux grandes séries pour des pièces nécessitant un revêtement ultra-résistant, le thermolaquage tend à se démocratiser aujourd’hui.

Ses avantages en comparaison avec une peinture liquide classique sont :

  • une excellente couverture ;
  • un rendu très lisse ;
  • une résistance à toute épreuve !
    • Le thermolaquage résiste par exemple aux agressions chimiques. Cela peut sembler superflu, surtout en intérieur… Sauf quand on connaît la composition de la plupart des produits ménagers.
    • Résistance aux chocs et à l’abrasion nettement supérieure aux peintures liquides, quelle que soit leur qualité.

Des radiateurs prêts pour affronter le quotidien et pour longtemps !

Un cas où la peinture liquide peut être préférée au thermolaquage : les radiateurs à motifs. Un beau radiateur en fonte fleuri qui supporte des couches (et des couches, et des couches) accumulées au fil des décennies a besoin d’un décapage complet. Une peinture au pistolet de qualité peut représenter une couche entre 50 et 100 microns alors que le thermolaquage oscille entre 70 et 180 microns selon les poudres. Il peut donc être dommage de venir atténuer légèrement les reliefs avec une couche d’épaisseur plus importante, la différence est faible, mais elle existe. Il s’agit, à notre connaissance, du seul cas de figure où nous privilégions la peinture liquide.

⚠️ Vous lirez sur Internet des informations étonnantes sur le thermolaquage de radiateurs :

  • Le thermolaquage pourrait endommager, voire détruire les joints « papier » entre les éléments. ✅ Un radiateur en fonte est composé d’éléments vissés les uns aux autres à l’aide de nipples. Ces pièces métalliques présentent d’un côté un premier filetage à pas à droite et un second filetage à pas à gauche. Pour assurer l’étanchéité entre les éléments, des joints papier sont utilisés. Les amateurs de mécanique le savent, les joints papier résistent parfaitement à la chaleur. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont utilisés depuis les débuts du moteur à explosion et toujours aujourd’hui pour faire l’étanchéité des pipes d’admission en contact avec les blocs moteurs (souvent en fonte), en dépassant très largement les températures auxquelles sont habitués nos radiateurs.
    Certains vont même jusqu’à dire que la fonte elle-même pourrait se fissurer ou éclater sous l’effet de la chaleur. ✅ Selon les poudres, la température du four peut varier :

    • de 130 °C pour les poudres basse température modernes,

    • entre 170 et 180 °C pour les formulations plus anciennes.

Nous rénovons une centaine de radiateurs par semaine et nous n’avons pour le moment jamais eu de problème de joints se rétractant ou se carbonisant.

  • Le thermolaquage utilisant l’électricité statique pour faire adhérer la poudre à la surface du radiateur pourrait faire des trous dans la fonte à l’aide d’un arc électrique. ✅ Un arc électrique peut faire fondre du métal, cela est une certitude 🔥. En revanche, il faut tenir compte des ordres de grandeur du courant utilisé pour faire fonctionner un poste à souder : entre 150 et 250 A à 20 volts pour des puissances allant de 3 000 à 5 000 W. Un pistolet de poudrage fonctionne avec beaucoup de tension (entre 40 et 100 kV) mais avec des ampérages de l’ordre de quelques dizaines de µA.

    • En poussant haut le voltage et l’ampérage (100 kV et 100 µA), on obtient 10 W.

    • Avec des réglages plus classiques comme 60 kV et 40 µA, on obtient 2,4 W.

On est très loin de pouvoir faire fondre du métal ou ne serait-ce que de l’échauffer (heureusement pour nos opérateurs) 👷.

  • Le thermolaquage empêcherait la fonte de respirer, seule une peinture liquide respecterait la porosité naturelle de la fonte. ✅ La fonte, bien que présentant une surface légèrement poreuse, ne respire pas. Il n’est pas nécessaire de compter sur l’étanchéité d’un film de thermolaquage pour garantir l’étanchéité de vos radiateurs.

  • Une dernière information mettant le thermolaquage en défaut : il est beaucoup plus dur à décaper que les anciennes peintures au plomb et rend le radiateur impossible à rénover. ✅ Il est vrai que le thermolaquage est très dur à retirer. Un sablage seul est inenvisageable, et les anciens bains de décapants alcalins ne sont d’aucune aide. Il faut être équipé des dernières générations de décapants chimiques à chaud pour en venir à bout. Dans ce cas, le thermolaquage se retire très facilement. Le film est totalement décollé de la surface et peut être retiré à la main ou à l’eau. Nous sommes équipés pour cela : si vous avez des radiateurs thermolaqués à nous faire traiter, nous sommes prêts.

💡 En revanche, il faut bien le reconnaître, le thermolaquage présente un vrai obstacle.

Il n’est pas lié réellement au thermolaquage lui-même mais plutôt à la préparation des radiateurs en amont. Pour garantir une accroche parfaite, les radiateurs doivent être parfaitement décapés. Pour ce faire, la plupart des thermolaqueurs utilisent des grenailleuses. Ces appareils fonctionnent selon le principe d’une sableuse ou d’une aérogommeuse, sauf qu’au lieu du sable, de la grenaille d’acier (ou d’inox) est projetée. C’est une superbe technique :

  • le recyclage de l’abrasif est quasi infini ;
  • la séparation de la poussière et de l’abrasif est facilitée par la grande différence de masse entre la poussière de peinture et la grenaille ;
  • la masse volumique très élevée de la grenaille métallique permet une très grande efficacité.

❗ Cependant, la grenaille d’acier a une masse environ 2 à 3 fois supérieure à celle du corindon. La force à l’impact est énorme. Les radiateurs en fonte peuvent parfois contenir de petites bulles d’air sous la surface. Il s’agit d’un défaut de fabrication créé lors du moulage de la fonte. Jamais une bille d’acier ne pourra traverser plusieurs millimètres de fonte et passer à travers un radiateur exempt de tout défaut. Toutefois, il suffit qu’une petite bulle d’air (présente mais invisible) soit crevée par une grenaille lancée à 300 km/h et le radiateur est hors d’usage !
Bien sûr tout est réparable, mais lorsque l’on amène ces radiateurs à rénover, ce n’est pas pour les achever.

⏳ Il y a bientôt 10 ans, nous commencions notre spécialisation dans le radiateur.

Radiateur sorti du four, RAL 6021 : vert pâle

Nous ne faisions que le décapage et la peinture liquide à l’époque. Nous avons testé le thermolaquage sur plusieurs radiateurs. 96 % d’entre eux sont ressortis avec une grande qualité de revêtement. 4 % nécessitaient une réparation après le traitement. Cela n’était pas satisfaisant, nous avons donc continué avec une peinture liquide de qualité le temps de trouver la solution technique parfaite : un décapage doux et sans risque pour la fonte. Un bain pour dissoudre quasiment toute la peinture suivi d’un bon rinçage à l’eau à l’intérieur comme à l’extérieur, rien de plus inoffensif pour le métal. Ensuite, pour garantir 0 % de résidu de peinture et pour éliminer la corrosion car certains radiateurs sont anciens et oxydés, un aérogommage léger mais indispensable est appliqué. Les grains de sable, étant plus petits et beaucoup moins lourds que la grenaille, dispersent beaucoup moins d’énergie cinétique au moment de l’impact contre le radiateur : le risque de venir percer un de ces défauts de fonderie devient infiniment faible.

Chez Les Artisans Décapeurs, nous sommes thermolaqueurs mais avant tout spécialistes des radiateurs en fonte. Nous connaissons leurs spécificités. Si vous souhaitez en discuter ou si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter par e-mail ou par téléphone.

Arnaud

Dirigeant LES ARTISANS DÉCAPEURS

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